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Les chercheurs de l'INRS mobilisés contre une possible baisse drastique d'effectifs

@LongMarcheINRS

Les chercheurs de l'INRS mobilisés contre une possible baisse drastique d'effectifs


04/12/17 | Acteurs de la sécurité
04/12/17 | Acteurs de la sécurité Voir l'édition du jour

Les salariés de l'INRS sont inquiets : d'après leurs informations, le budget de l'institut pourrait diminuer de 20 % et le nombre de salariés de 10 %. Entre courriers aux ministères et blocus des locaux, ils se mobilisent pour défendre "l'utilité sociale" de leur travail.

"On est à l'os", résume Christian Darne, délégué syndical CFDT central à l'INRS. Ce chercheur nous rappelle que depuis 2011, l'institut a déjà enregistré 60 suppressions de postes. Or, l'hémorragie ne semble pas terminée, et c'est ce qui l'inquiète. En cause : la COG (convention d'objectifs et de gestion) 2018-2022 de la branche AT/MP. Lui et ses collègues ont appris fin septembre qu'il était prévu que cette convention diminue de 20 % le budget de l'INRS, et supprime 10 % de ses effectifs. D'après leurs informations, ces chiffres auraient été fournis par Nicolas Revel, directeur de la caisse nationale d'assurance maladie, auprès des directeurs des caisses lors d'une réunion, avant d'être confirmés par la direction risques professionnels de la CnamTS. "Nous n'avons aucun écrit. Ce ne sont que des communications lors de réunions", précise le syndicaliste. "Les négociations commencent tout juste et rien n’est décidé", nous signale de son côté le service communication de la CnamTS.

60 salariés en moins

Cette fameuse COG établit les grandes priorités de la branche pour quatre ans. L'INRS y est intégré depuis 2014, alors qu'il était avant lié à la Cnam par une convention. Si ces chiffres sont confirmés, l'institut perdrait près de 18 millions d'euros de budget et 60 salariés. "Concrètement, l'INRS ne pourrait plus travailler", imagine déjà Christian Darne. Dans son plaidoyer, il martèle : "Vous l'avez compris, l'INRS ne peut pas réaliser de "gains de productivité", car l'INRS ce n'est que de la matière grise. Des hommes et des femmes qui avec leurs mains et leur tête s'attachent à ce que les salariés des entreprises françaises ne perdent pas les leurs". 

 

Lire aussiCoupes budgétaires à l'INRS : "nous craignons pour notre expertise et pour la prévention"

 

Sur le site de Nancy travaillent 370 personnes, dont l'ensemble des chercheurs de l'institut, soit 300 personnes. "Si on supprime ces postes, des pans entiers de risques professionnels ne seront plus traités, nous explique-t-il, puisque les chercheurs sont ultra-spécialisés, donc la polyvalence n'est pas possible". "Si on coupe dans la recherche, et on va forcément taper dedans, on perdra en expertise et en service aux entreprises", craint le délégué qui rappelle "l'utilité sociale" de l'INRS. Et de faire remarquer que l'intégration des travailleurs indépendants dans le régime général devrait, logiquement, leur ajouter de nouvelles tâches.

Décision fin décembre

Alors que les précédentes baisses d'effectifs se sont essentiellement traduites en départs à la retraite non compensés, Christian Darne imagine déjà des licenciements si la prochaine venait à se confirmer. Des salariés inquiets se mobilisent. Il n'y a pas eu d'appel à la grève, mais ils ont bloqué l'accès aux locaux nancéiens le 28 novembre dernier, où ils ont symboliquement décroché le "R" de leur sigle, le "R" de recherche. Ils ont écrit il y a plusieurs semaines au président de la République, aux élus locaux et au ministère du travail, qui devrait les recevoir le 8 décembre. Une douzaine de collaborateurs prendront la route pour Paris dès lundi... à pied. 

La COG, signée par la CnamTS et le gouvernement (les ministères de l'économie, de la santé et du travail), devrait être arrêtée avant fin décembre. 

 

Financement de l'INRS
L'INRS fait partie de la branche AT/MP, aujourd'hui excédentaire. Son financement est assuré par une dotation de la CnamTS qui prélève pour ce faire sur FNPATMP (Fond national de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles), lui-même alimenté par les prélèvements sur les cotisations AT/MP des entreprises. 

 

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