Négociation santé au travail : "il ne s'est pas passé grand chose"

Négociation santé au travail : "il ne s'est pas passé grand chose"

24.06.2020

HSE

Les partenaires sociaux se sont réunis hier, avec à l'ordre du jour la prévention. Les organisations patronales n'ont pas dévoilé leurs positions, et les syndicats disent ainsi regretter de ne pas avoir pu trop avancer. Une trame avec l'architecture d'un éventuel futur accord a en revanche été mise sur la table par le Medef.

"Pas d'scoop, il ne s'est pas passé grand chose", plaisante Jérôme Vivenza (CGT) au sortir de la 2e réunion de négociation sur la santé au travail qui s'est tenue ce mardi 23 juin 2020 en visioconférence. Après un premier tour de table la semaine dernière, avec le document d'orientation envoyé par le gouvernement, la réunion d'hier avait pour objectif d'aborder la question de la prévention – qui fera aussi l'objet du prochain rendez-vous, en septembre.

HSE

Hygiène, sécurité et environnement (HSE) est un domaine d’expertise ayant pour vocation le contrôle et la prévention des risques professionnels ainsi que la prise en compte des impacts sur l’environnement de l’activité humaine. L’HSE se divise donc en deux grands domaines : l’hygiène et la sécurité au travail (autrement appelées Santé, Sécurité au travail ou SST) et l’environnement. 

Découvrir tous les contenus liés

"Pour l'instant, nous n'avons pas les contributions du patronat sur la prévention, ça a été une difficulté pour avancer, alors que nous avions tous joué le jeu, côté syndical", explique Catherine Pinchaut (CFDT). Le Medef, à l'initiative de la reprise des discussions, et organisateur des séances, avait en effet demandé à ce que les contributions de chacun sur la prévention soient envoyées avant la réunion.

Est-ce le signe que les trois organisations patronales (Medef, CPME et U2P) ne sont pas d'accord entre elles ? "C'est une impression, mais ce n'est peut-être qu'une impression, en fait, on n'en sait rien", répond Pierre-Yves Montéléon (CFTC). "C'est vraiment poker face", raconte Catherine Pinchaut. Au Medef, on fait simplement remarquer que, pour une fois, au moins, on ne part pas de la position patronale. "Peut-être attendent-ils de voir ce qui nous divise", suggère Jérôme Vivenza (CGT). "C'est désagréable qu'ils ne se dévoilent pas, regrette Anne-Michèle Chartier (CFE-CGC). Ils nous ont assuré qu'ils vont rendre leur copie d'ici fin juillet".

Intersyndicale

Les négociateurs syndicaux rappellent tous la position commune prise à l'issue des réunions au sein du GPO (groupe permanent d'orientation) du Coct (conseil d'orientation sur les conditions de travail), l'été dernier. "C'est une base et cela a vocation à le rester", indique Pierre-Yves Montéléon (CFTC).

Concernant la prévention, le texte commun de 2019 mettait l'accent sur la "prévention primaire", indiquant que "la transversalité, la coordination et la coopération des acteurs doit être mise au service de l’ambition de faire de la prévention primaire une priorité" et soulignant que l'offre de service en santé au travail doit contribuer à cet objectif.

"La réunion d'aujourd'hui a au moins permis de consolider les points d'ancrage entre les positions syndicales, souligne Catherine Pinchaut (CFDT). Nous sommes notamment tous d'accord sur le fait que la prévention doit être un moteur et que la gouvernance, la tuyauterie, cela vient après et doit se réfléchir." Ainsi, si aucun syndicat n'est contre des discussions en intersyndicale, tous soulignent qu'elles ne sont pour l'instant pas nécessaires.

Par courrier cet été

S'il n'a pas apporté sa contribution attendue sur la question de la prévention, le Medef avait en revanche préparée une trame pour un éventuel futur accord, avec les grands objectifs de la réforme en préambule, puis quatre têtes de chapitres : la prévention, l'offre de service, la QVT, la gouvernance.

L'organisation patronale aurait aussi vainement essayé de trouver une nouvelle date pouvant réunir tout le monde avant fin juillet. "Nous aurons donc des échanges épistolaires cet été", conclut Anne-Michèle Chartier (CFE-CGC).

Élodie Touret
Vous aimerez aussi

Nos engagements