retour

Paris : tensions autour de la mutation d'une syndicaliste

Paris : tensions autour de la mutation d'une syndicaliste


13/09/17 | Travail social
13/09/17 | Travail social Voir l'édition du jour

Dans le 20e arrondissement de Paris, un appel à manifester a été lancé pour le 14 septembre. A l'origine, la mutation d'une agent des services sociaux. Les syndicats dénoncent une chasse aux syndicalistes et à ceux qui "l'ouvrent". Les autorités municipales veulent reprendre en main les services sociaux dans le 20e qui seraient hostiles aux directives de l'encadrement.

On aura connu des rentrées plus tranquilles à la Ville de Paris. Ce jeudi, les agents municipaux des services sociaux sont appelés à manifester devant la mairie du 20e arrondissement contre la mutation d'une de leurs collègues, par ailleurs syndicaliste à la FSU. Sur son blog, la FSU donne sa version des faits. Au printemps 2016, une alerte est émise par les organisations syndicales sur le malaise qui existe dans le service social du 20e, suite à l'arrivée d'une nouvelle cadre intermédiaire.
Relations difficiles avec l'encadrement
Les relations s'enveniment au quotidien si bien que plusieurs agents "craquent". Le syndicat précise que "6 des 10 travailleurs sociaux que comptait l'équipe [dirigée par la cadre en question, NDLR] sont partis en indiquant clairement par écrit le motif de leur départ (les relations avec la cadre rendant le travail impossible)." Un audit interne qui a conclu à la nécessité d'une vraie collaboration n'est, selon les syndicalistes, suivi d'aucun effet. La cadre mise en cause pour ses méthodes de management, elle aussi en souffrance sociale, a quitté le 20e, mais les tensions restent très vives.
"Chasse aux sorcières"
La situation est complexe, les bouches s'ouvrent difficilement et de façon anonyme. Les agents syndicalistes sont souvent suspectés par la direction de confondre leurs casquettes. La direction du Centre d'action sociale de la ville de Paris (CASVP) qui gère désormais l'ensemble des services parisiens de polyvalence, est accusée, de son côté, de vouloir faire une "chasse aux sorcières" dans un arrondissement où le taux de syndicalisation est élevé et la contestation bien établie (1).
Politique du chiffre
Derrière cette tension, il y a des désaccords de fond. Les syndicalistes considèrent qu'on leur demande de "faire du chiffre" et que le sens de leur travail (l'accompagnement sur la durée des personnes en difficulté) se perd face à des contraintes technocratiques. Tout cela intervient dans un contexte où les services sociaux sont de plus en plus sollicités. "Est-il possible que la seule réponse du CASVP face à des agents dénonçant une situation de grande souffrance au travail soit la répression ?", écrit la FSU sur son blog.
Problème de fonctionnement dans le 20e
La direction du CASVP a une vision totalement différente. Sa directrice Florence Pouyol explique qu'il existe un "problème de fonctionnement administratif dans le 20e". "Il nous faut harmoniser les pratiques d'un arrondissement à l'autre. Dans le 20e, aucun dialogue n'est possible entre l'encadrement et certains agents." La directrice cite un exemple : "Nous ne sommes pas d'accord sur la qualification en urgence sociale de certaines situations. Si bien que quand un collègue est absent, les dossiers qui relèvent de l'urgence sociale, comme une famille menacée d'expulsion locative, ne sont pas toujours reprises par les autres".
Le cabinet d'audit jette l'éponge
Sur la "culture du chiffre" dénoncée par les syndicalistes, la directrice remet les choses en perspective. "Pour répartir les effectifs dans les différents services d'arrondissements, il est nécessaire d'objectiver la charge de travail et donc de passer par des chiffres pour comparer la charge de travail de chacun." La mutation répond à des objectifs de fonctionnement de service et n'est pas liée, assure la directrice du CASVP, à l'engagement syndical de l'agent. " Au printemps, nous avions recruté un cabinet d'audit pour qu'il réalise une supervision du fonctionnement de ce service. Il a carrément renoncé en expliquant qu'aucun dialogue n'était possible."
D'autres mutations en perspective ?
Comme on le voit, les logiques (militante d'un côté, gestionnaire de l'autre) s'entrechoquent, sans trouver de point d'entente. Il n'est pas sûr que la mutation d'une agent permette au service social du 20e de retrouver la sérénité. D'autant que les syndicalistes redoutent que cette mutation en amène d'autres...
 
(1) Une pétition en ligne a été lancée (déjà plus de 2 000 signatures) avec ce titre "Si tu l'ouvres, je te mute !"

Zoom sur


Print offer

Zoom on a product

Ordonnances Macron

Print offer

Ordonnances Macron

50
ttc
La réforme du code du travail : ce qui change
Print offer

Zoom on a product

Guide du manager

Print offer

Guide du manager

57
ttc
Le droit du travail pour répondre à vos équipes au quotidien