Coronavirus : le Covid-19 sera reconnu comme maladie professionnelle pour les soignants

Coronavirus : le Covid-19 sera reconnu comme maladie professionnelle pour les soignants

27.03.2020

HSE

Le ministre de la santé a assuré que les soignants malades du covid-19 bénéficieront "systématiquement et automatiquement" d'une reconnaissance de maladie professionnelle. Difficile pour l'heure de dire combien seront concernés, mais des centaines de soignants sont déjà touchés.

"Aux soignants qui tombent malades, je le dis : le coronavirus sera systématiquement et automatiquement reconnu comme une maladie professionnelle et c’est la moindre des choses. Il n’y a aucun débat là-dessus", a déclaré Olivier Véran le 23 mars 2020, appuyé quelques heures plus tard par le premier ministre.

Concrètement, cela signifie que les indemnités journalières perçues par le soignant malade seront plus favorables qu'en cas de simple arrêt maladie, puisque la CPAM verse des IJ majorées. En cas de décès – 5 médecins étaient déjà morts du covid-19, mercredi 25 mars – la reconnaissance de la maladie professionnelle permet aux ayants droit de percevoir une rente qui peut aller jusqu'à 85 % du salaire annuel de la victime, s'il y a plusieurs ayants droit.

Jeudi soir, 13 904 personnes étaient hospitalisées en France pour une infection au covid-19, dont 3375 cas graves en réanimation et 365 décès ont été enregistrés à l'hôpital en 24 heures (portant le bilan à 1 696 morts depuis le début de l'épidémie). Lors de son point quotidien, le directeur général de la santé Jérôme Salomon, indiquait que plus de 576 établissements de santé avaient déclarés des cas dans la journée. Parmi tous les cas, combien de soignants – infirmiers, aides-soignants, médecins spécialistes et généralistes, brancardiers, etc. – sont-ils contaminés ?

Combien de soignants touchés ?

Difficile à dire pour l'instant. Santé Publique France indiquait hier qu'au moins 40 000 "nouveaux cas de covid-19" ont été diagnostiqués par les médecins généralistes la semaine dernière – alors que le nombre de malades testés positifs est de seulement environ 25 000 depuis le début de l'épidémie –, ce qui laisse imaginer leur niveau d'exposition.

Pour l'AP-HP, son directeur Martin Hirsch indiquait le mercredi 25 mars que 628 soignants ont été contaminés par le virus dans les hôpitaux parisiens, dont 40 % de médecins. Cependant, ajoutait-il, "une proportion importante a été infectée en dehors de l’hôpital". Cela signifie-t-il qu'en tant qu'employeur, l'AP-HP pourrait émettre des réserves lors des demandes de reconnaissances de maladie professionnelle ? On n'en est pas là ; Martin Hirsch voulait alors surtout assurer des mesures de préventions mises en place dans ses établissements.

Le Quotidien du médecin a de son côté lancé depuis le début de la semaine un recensement en ligne pour "évaluer l’impact de la maladie au sein de la profession" – sont recensés les médecins (généralistes ou spécialistes) et étudiants en médecine, uniquement. Hier soir, la carte faisait état de 398 cas.

 

La Belgique annonce aussi la reconnaissance en maladie professionnelle

En Belgique, Eurogip relate que l'agence fédérale des risques professionnels, Fedris, "confirme que les personnes atteintes de covid-19 (diagnostiquées par le test d’un laboratoire) qui travaillent dans le secteur des soins de santé et qui courent un risque nettement accru d’être infectées par le virus peuvent prétendre à une indemnisation pour maladie professionnelle".

Sont concernés le personnel des hôpitaux, les ambulanciers impliqués dans le transport de patients Covid-19, mais aussi les personnels "d’autres services et institutions de soins où un foyer de covid-19 s’est déclaré (deux cas ou plus regroupés)".

Pour les autres personnels, il pourra aussi y avoir des reconnaissances "si la maladie peut être liée à un contact professionnel documenté avec un patient atteint de covid-19". Des règles qui pourront évoluer, précise Fedris.

HSE

Hygiène, sécurité et environnement (HSE) est un domaine d’expertise ayant pour vocation le contrôle et la prévention des risques professionnels ainsi que la prise en compte des impacts sur l’environnement de l’activité humaine. L’HSE se divise donc en deux grands domaines : l’hygiène et la sécurité au travail (autrement appelées Santé, Sécurité au travail ou SST) et l’environnement. 

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Élodie Touret
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