"Je dispose d’une version embryonnaire de l'appli CPF sur mon propre téléphone"

"Je dispose d’une version embryonnaire de l'appli CPF sur mon propre téléphone"

20.11.2018

Formation Professionnelle

Laurent Durain, directeur de la formation de la direction des retraites et de la solidarité de la Caisse des Dépôts et consignations, revient sur les projets de la banque concernant la gestion des comptes personnels de formation. La bascule visant à convertir l'heure du CPF en euros se fera la première semaine de janvier simultanément pour les 33 millions de comptes dotés d'un crédit. Aucun bug n'est redouté.

A partir du 1er janvier 2019, la Caisse des dépôts et consignations va avoir en charge la gestion de l’ensemble des comptes personnels de formation. Comment vous préparez-vous à cette échéance ?

Nous ne partons pas de rien. Rappelons que depuis 2015 nous avons eu en charge le compte personnel de formation. Mais la loi du 5 septembre 2018 nous oblige à répondre à trois nouveaux enjeux. Celui de la transparence, tout d’abord. Nous nous engageons à donner l’information la plus exhaustive possible sur l’offre de formation afin que chacun puisse effectuer des choix éclairés, en fonction des taux d’insertion, des conditions d’inscription ou encore du coût de la formation. Nous visons, par ailleurs, plus de visibilité pour que chaque personne qui se connecte à son compte, libellé en euros, à partir du 1er janvier 2019, puisse en un clic connaître son solde et avoir le contact de la formation sollicitée.

Le troisième enjeu concerne la sécurité du système, la sécurité concernant la qualité de la part des organismes de formation - les contrats d’achat de formation seront désormais harmonisés- et la sécurité du paiement par la Caisse des dépôts au prestataire de formation.

Combien de personnes travaillent sur ce projet au sein de la Caisse des Dépôts?

Notre projet est multisites. Il implique plusieurs dizaines de collaborateurs de Bordeaux, Paris et Angers. Une équipe agile et digitale est mobilisée sur le cœur du projet. Elle bénéficie de l’appui de l’ensemble des équipes de la CDC, c’est-à-dire des filières d’appuis techniques et de gestion.

Précisons que nous travaillons à deux types d’outils numériques, une application et un site d’internet qui ne seront pas dotés des mêmes fonctionnalités. L’appli sera dotée de fonctionnalités plus simples que le site Internet. Elle permettra au titulaire du CPF d’avoir de la visibilité sur son solde, de rechercher une formation, d’obtenir le contenu du stage ou encore de pourvoir s’inscrire et de payer sa formation. Le site permettra d’aller plus loin sur les taux d’insertion, les contenus des programmes…  Ces outils médias ne s’utiliseront pas de la même façon.

Ce sont deux outils 100% Caisse des Dépôts, même si nous travaillons au sein d’un éco-système d’innovation qui réunit des starts-up, des organismes de formation et des usagers.

Où en êtes-vous dans le développement de l’appli CPF prévue à l’automne 2019 ?

A 11 mois de la livraison, nous sommes largement avancés. Je dispose d’une version embryonnaire de l'application sur mon propre téléphone. Ce n’est pas une version définitive, nous proposons des développements toutes les trois semaines, améliorés en fonction des panels effectués auprès des usagers, sous forme de questionnaires ou d'interviews dans les trois sites mobilisés, Paris, Angers et Bordeaux. On se déplace également chez les organismes de formation pour observer la manière dont ils travaillent, avec usagers.

Comment organisez-vous le système d’information sur les formations disponibles ?

Nous avons mis à disposition des organismes de formation un espace dédié. 2 000 organismes désireux de se positionner sur le marché du CPF monétisé sont d’ores et déjà inscrits. Ils peuvent s’informer régulièrement sur les avancées des travaux de la CDC, de l’actualité de la mise en œuvre de la réforme, participer à des enquêtes et, à partir du premier semestre 2019, tester les fonctionnalités de la future application dans sa version bêta. Cette version leur permettra de se familiariser avec les différentes fonctionnalités et, si besoin, de retravailler leur offre pour l’adapter à l’univers d’une place de marché. La Caisse des Dépôts entend ainsi accompagner les organismes de formation dans cette nouvelle approche centrée sur les usagers et inscrite dans les usages numériques.

10 000 organismes de formation devraient être concernés (sur 90 000). 150 000 formations sont, pour l’heure, répertoriées.

La Caisse des Dépôts se chargera de la conversion, de l’heure à l’euro, du compte personnel de formation le 1er janvier 2019. Comment allez-vous procéder ?

Nous n’anticipons aucune difficulté spécifique. La bascule se fera la première semaine de janvier, simultanément pour les 33 millions de comptes dotés d’ores et déjà d’un crédit. Nous ne prévoyons aucun bug. Mais on peut s’attendre à un afflux de demandes de formation : 574 000 personnes ont effectué une demande de formation, via leur CPF, selon le dernier pointage réalisé 2017. Nous visons un million de dossiers de formation d’ici à 2020.

Quid des abondements supplémentaires, conventionnels, d’entreprise, au CPF ? Comment seront-ils intégrés ?

L’entreprise qui souhaitera mobiliser le CPF de ses salariés pourra le faire via un accord collectif. Elle enverra la facture de l’organisme de formation à la CDC et nous procéderons à son remboursement (dans un délai le plus rapide possible). Si une branche souhaite abonder les comptes, la démarche sera similaire.

 

Le macro planning
- 1er janvier 2019 : bascule des CPF en euros, refonte du site internet, élargissement des formations éligibles ;
- 1er semestre 2019 : ouverture aux organismes de formation de l’espace test de saisie de leur catalogue ;
- Juillet 2019 : saisie de l’offre de formation par les organismes de formation ;
- Automne 2019 : lancement de l’application CPF, c’est-à-dire de l’achat direct pour les usagers ;
- Janvier 2020 : possibilité d’abondements des comptes CPF, sans intermédiation.

 

 

 

 

Formation Professionnelle

La formation professionnelle est un enjeu de la compétitivité des entreprises. Face aux mutations de plus en plus rapides, de la rigidité des modes de rupture du contrat de travail, l’entreprise doit, pour maintenir sa compétitivité, assurer la formation professionnelle continue de ses salariés (via notamment le plan de formation de l’entreprise). 

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