Comment Engie prépare son plan de déconfinement

Comment Engie prépare son plan de déconfinement

27.04.2020

Gestion du personnel

Rotation du personnel, réaménagement des espaces de travail, marquage au sol, prise de température, poursuite du télétravail… Engie se prépare à relancer son activité en tenant compte des nouvelles précautions sanitaires. Les explications de Pierre Deheunynck, DGA en charge des ressources humaines d’Engie.

J-13 avant le déconfinement. Engie (75 000 salariés en France, 170 000 dans le monde) s’active pour préparer la reprise du travail. 150 personnes sont mobilisées sur le sujet. Le retour au bureau sera donc progressif, sur la base du volontariat et en deux temps : une première phase de déconfinement d’une durée de deux à quatre semaines suivie par un plan de continuité.

"Nous ne reprendrons pas tous le 11 mai ; nous imaginons que dans un premier temps environ 20 % de nos 4 500 collaborateurs qui travaillent dans la tour "T1" de La Défense pourront retourner travailler, affirme Pierre Deheunynck, DGA en charge des ressources humaines d’Engie, lors d’une conférence en presse en visio organisée le 23 avril. Il faut tenir compte des salariés avec enfants, des transports et de la crainte de reprendre le travail".

Un sujet de dialogue social

Le déconfinement fait actuellement l’objet de négociation au sein du groupe ; des accords pourraient être conclus par entreprise. Mais les principes restent les mêmes : garantir la sécurité des salariés. L’inquiétude est, de fait, palpable : 2 200 personnes ont été touchées par le Covid-19, depuis le début du confinement, 1 500 sont encore souffrantes. Engie déplore même des décès.

"Nous nous sommes inspirés de l’expérience de d'autres pays, notamment de la Chine, poursuit Pierre Deheunynck. A chaque fois qu'on a dû redémarrer dans des géographies qui ont été confinées, les salariés ont une inquiétude. C'est pourquoi nous allons tout mettre en oeuvre pour les rassurer".

Un travail de fourmi, car tout doit être repensé dans les moindres détails pour organiser la cohabitation des salariés, selon quatre axes : assurer la protection des salariés, porter une attention particulière aux plus fragiles, repenser l’organisation du travail et réorganiser les flux de circulation.

Gestion du personnel

La gestion des ressources humaines (ou gestion du personnel) recouvre plusieurs domaines intéressant les RH :

- Le recrutement et la gestion de carrière (dont la formation professionnelle est un pan important) ;
- La gestion administrative du personnel ;
- La paie et la politique de rémunération et des avantages sociaux ;
- Les relations sociales.

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Port du masque obligatoire

Côté sécurité, les masques que l’entreprise fournira seront obligatoires pour travailler ; y compris pour les salariés qui se rendent chez des clients. Du gel hydroalcoolique sera également à leur disposition. Surtout le groupe prévoit une prise de température pour "ceux qui le souhaitent", à l’entrée du bâtiment ou sur le lieu de travail. "Nous confinerons ceux ou celles qui ont été en contact avec la personne présentant des symptômes pour éviter de nouveaux foyers de contamination". Les tests seront réalisés par les médecins du travail, infirmiers ou, en l’absence d’équipe médicale in situ, par des laboratoires ou du personnel médical extérieur.

"Ces mesures participent à la prise de conscience de l’importance des gestes barrières", estime Pierre Deheunynck.

Le groupe prévoit également d'identifier les salariés dont la santé est fragile et de les maintenir en confinement. Ce seront les médecins du travail qui seront chargés d’évaluer la capacité ou non de reprendre le travail. "Mais dans tous les cas, il s’agit d’être tolérant et bienveillant", assure Pierre Deheunynck.

Rotation du personnel

Côté organisation du travail, le télétravail qui concerne aujourd’hui 35 % de l’effectif devrait se poursuivre. Ce mode de travail "restera une solution aussi longtemps que possible. Les outils digitaux le permettent, nous en avons fait l’apprentissage, nous avons fait bouger le management et nous pensons que c’est une solution".

La tour "T1" de la Défense où 4 500 salariés sont employés habituellement est un point particulièrement sensible. Les espaces de travail sont repensés pour permettre une distanciation sociale de 1,50 mètres ; certains bureaux seront supprimés ; la capacité d’accueil des salles de réunion divisée par deux (cinq personnes maximum) et l’amphithéâtre fermé. "Nous avons proposé de faire travailler les équipes du tertiaire de manière décalée, le matin et l’après-midi". Pour limiter la circulation, l’accès aux ascenseurs sera également réglementé (quatre personnes au lieu de 20) et le restaurant d’entreprise ne pourra accueillir que quelque 1 500 personnes au lieu des 4 500 habituels. "Les repas ne se prendront plus ni côte à côte, ni face à face". La salle de sport sera également fermée.

Des marques seront indiquées au sol dans les couloirs de circulation pour respecter les gestes barrière.

Prise en charge à 100 % de l'activité partielle

Sur les sites de production, des plans de déplacement sont également repensés. "Lors de interventions, les techniciens ne peuvent plus être deux dans une camionnette, la distanciation sociale n’est pas possible". Aussi, le recours aux voitures personnels et aux voitures de fonction est-il envisagé pour qu’ils puissent se rendre sur leur lieu de travail.

Le 20 avril, 18 % des salariés français travaillaient sur site, 19 % étaient en activité partielle, 31 % en arrêt de travail (congés payés, RTT, garde d'enfants, maladie) et 32 % en télétravail. Les salariés en chômage partiel ont été rémunérés à 100 % en mars, et pour ne pas perdre en pouvoir d’achat les mois suivants, ont été encouragés à prendre leurs RTT ou congés en avril et mai. "A la reprise, nous aurons besoin de ces heures de travail", précise le DRH.

Anne Bariet
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