Quels seront les métiers pourvoyeurs d’emploi dans les cabinets comptables en 2025 ?

Quels seront les métiers pourvoyeurs d’emploi dans les cabinets comptables en 2025 ?

23.11.2021

Gestion d'entreprise

Selon des projections de l’Omeca, les assistants comptables et les gestionnaires paie bénéficieraient le plus des postes salariés supplémentaires dans la branche d'ici cinq ans. Les consultants en cybersécurité et les data analysts connaîtraient quant à eux le plus fort taux de croissance d'emploi.

13 000 postes supplémentaires en cinq ans. Selon l'Omeca, l’emploi salarié dans les cabinets comptables devrait poursuivre sa hausse dans les prochaines années. En 2025, les métiers de l’expertise comptable et de l’audit regrouperaient environ 165 500 salariés, prévoit l'Observatoire des métiers de l'expertise comptable, du commissariat aux comptes et de l'audit, dans une Icône PDFétude publiée en novembre 2021 qui contient différentes projections dans la branche à horizon 2025 (*). A titre de repère, environ 20 000 emplois salariés ont été créés depuis 2010.

Près de 7 000 emplois pour les assistants comptables et les gestionnaires paie

Cette dynamique s'explique en grande partie par la croissance économique. Le PIB (produit intérieur brut), qui s'est contracté pendant la crise, devrait se stabiliser à partir de 2023 et reprendre le rythme de croissance constaté auparavant, estime l'étude. Autres facteurs impactant positivement l'emploi : l'externalisation des activités comptables vers les cabinets (qui atteindrait toutefois un niveau déquilibre, selon l'Omeca) et les créations d'entreprises.

Cette hausse de l'emploi salarié profiterait majoritairement aux métiers de l’expertise comptable (à environ 70%). Les assistants comptables génèreraient ainsi 4 800 postes supplémentaires. Viennent ensuite, sur la partie sociale, les gestionnaires paie et administration du personnel (+1 900 emplois).

Les métiers du conseil et les fonctions supports engendreraient respectivement 590 et 300 emplois supplémentaires. En revanche, les métiers de l’audit seraient les plus mal lotis avec seulement 70 postes salariés supplémentaires en cinq ans.

Gestion d'entreprise

La gestion d’entreprise constitue l’essentiel de l’activité d’un dirigeant d’entreprise. Elle fait appel à un grand nombre de notions empruntées de la comptabilité (analyse du bilan, compte de résultat, prévisionnel, budgétisation...), de la finance (la gestion des risques au moyen de la gestion des actifs et des assurances professionnelles), du droit des affaires (choix du statut juridique, contrats commerciaux, fiscalité)

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+70% de croissance d'emploi pour les consultants en cybersécurité 

Qu’en est-il des métiers identifiés comme "émergents" ? "Si les effectifs en emploi pour ces métiers restent par définition moindres que les principaux métiers de la branche, ils continueront leur diffusion dans les cabinets à moyen terme, ce qui se traduira par une dynamique soutenue de croissance des effectifs employés, au regard de la dynamique d’ensemble tous métiers confondus (+8% sur 2020-2025)", analyse l'Omeca. 1 400 postes supplémentaires sont ainsi attendus d’ici 2025.

C'est le conseil SI (systèmes d’informations) qui connaîtrait la plus forte hausse d’emploi en cinq ans, avec les consultants en cybersécurité (+70%, soit 60 emplois supplémentaires) et les data analysts (+60%, soit 60 emplois supplémentaires). Par ailleurs, le métier de responsable méthodes et veille, "en cours de structuration", bénéficierait lui aussi d'une forte croissance (+65%, soit 60 postes supplémentaires).

Les collaborateurs comptables spécialisés (sectoriel, gestion et patrimoine ou encore pilotage de la performance et opérations complexes) concentrent la majeure partie des emplois de ces métiers émergents. Ils connaîtraient une hausse de 9% d'ici cinq ans (soit 1150 postes supplémentaires).

Recrutement : besoins et difficultés

L’Omeca s’est également penché sur les besoins en recrutement (**) des cabinets à horizon 2025. 32 000 salariés devraient être recrutés annuellement au sein de cabinets comptables d’ici 2025, soit 19% de l’emploi salarié projeté à cinq ans, indique le rapport. "Les métiers de l’expertise comptable concentrent à eux seuls des besoins de recrutement de l’ordre de 20 600 salariés entrants", est-il précisé. Un constat "porté par les volumes importants d’emploi dans la production de mission comptable".

Mais l'ensemble des métiers serait concerné. "Même dans les familles aux volumes d’emploi plus modestes, les besoins de recrutement resteront importants en comparaison du stock d’emplois : la plupart affiche des besoins de recrutement au minimum de l’ordre de 20% des effectifs totaux". C'est le cas plus particulièrement sur les métiers du conseil (caractérisé par une pénurie de main d’œuvre élevée), les fonctions support informatique et RH.

La dynamique d’emploi constatée dans la branche s’accompagne d’une augmentation des difficultés de recrutement perçues par les cabinets comptables, poursuit l'Observatoire. Des difficultés qui se sont renforcées sur la période 2015-2020. Plus de la moitié des projets de recrutement sont jugés difficiles par les employeurs en 2020. Ces tensions de recrutement touchent aujourd'hui l'ensemble des métiers de la branche, mais les postes de gestionnaires paie et de collaborateurs comptables sont les plus atteints. L'Omeca ne fait pas, sur ce point, de projections à horizon 2025 mais on peut imaginer que la tendance se renforcera.

 

 

(*) Etude commanditée par les partenaires sociaux de l’Omeca, en partenariat avec l’Opco Atlas, et réalisée par le cabinet Quadrat-études de janvier à octobre 2021. "La projection de l’emploi salarié dans les cabinets comptables a été réalisée à partir d’un modèle économétrique intégrant les déterminants historiques du niveau d’emploi dans la branche sur la période 2009-2019 et des hypothèses sur leur évolution à 5 ans. Des hypothèses d’impact des transformations sur la composition de l’emploi par métiers ont permis de répartir les emplois projetés sur les différents métiers", explique le rapport. Celui-ci ne traite pas des 18 000 experts-comptables et Cac non salariés.

(**) Volumes d'emploi supplémentaires et entrées liées à la rotation de la main d'oeuvre au sein de la branche. Le nombre de 32 000 salariés devant être recrutés annuellement diffère de celui de 13 000 emplois supplémentaires en cinq ans (cité en début d'article) en raison du turnover dans les cabinets.

Céline Chapuis
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