[Vidéo] Hier porte-parole de Solidaires, aujourd'hui libraire

24.11.2022

Représentants du personnel

Eric Beynel a "bifurqué" comme on dit aujourd'hui. De syndicaliste (il était porte-parole national de l'union syndicale Solidaires), il est devenu libraire en banlieue parisienne, à Bagneux, où il habite désormais. Reportage dans son "Bazar Utopique".

 

Représentants du personnel

Les représentants du personnel sont des salariés élus ou désignés chargés de représenter les salariés de l’entreprise avec des missions spécifiques selon l’instance représentative du personnel (IRP) à laquelle ils appartiennent. Il y a quatre grandes IRP : les DP, le CE, CHSCT et les délégués syndicaux.  Au 1er janvier 2020, l’ensemble des IRP (hormis les délégués syndicaux) devront fusionner au sein du CSE.

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Quitter un mandat syndical et trouver un nouveau poste dans l'entreprise ou se reconvertir pour occuper un nouveau métier n'est toujours pas évident, tant la reconnaissance des acquis de l'expérience demande une forte implication personnelle sans toujours de garantie d'évolution à l'arrivée (► à ce sujet, voir le témoignage de Louis Vianney, secrétaire CSE et responsable CFDT dans la métallurgie). 

Certains salariés protégés réussissent ce pari en faisant de leurs valeurs humaines et de leur investissement personnel leur nouvelle vie professionnelle, comme Aurore Martin, devenue professeur de français auprès des migrants, après avoir été déléguée syndicale CFDT chez Engie (voir la vidéo).

Un compagnonnage de longue date avec les livres 

 

 

Eric Beynel, qui a été de 2014 à 2020 porte parole de l'union syndicale Solidaires, a choisi pour sa part de créer son entreprise, après avoir démissionné cet été de la fonction publique. Il s'est installé comme libraire à Bagneux, une ville de 40 000 habitants de la banlieue sud de Paris, où il a également élu domicile. Au 3 place de la République, son "Bazar utopique" a ouvert depuis septembre 2022. Pas trop dur de passer de la fonction publique à son propre compte ? "Je n'ai jamais vécu en vase clos ni dans un monde idéal. Et ma grand mère était commerçante", nous répond-il. Comme il nous le confie, il a très tôt rêvé de faire des livres un métier, et ses mandats syndicats ont toujours été accompagnés de nombreuses lectures, "pour s'aérer", "trouver des mots qu'on n'a pas dans le syndicalisme".

Je n'ai pas vu passer mes 12 ans de syndicalisme ! 

 

 

S'il avait, comme on le comprend dans son interview vidéo ci-dessus, depuis longtemps une envie de faire commerce de livres, Eric Beynel revendique fièrement ses "12 années" d'un syndicalisme très actif : "J'ai vécu cette période sans voir le temps passé, cela a été très riche en rencontres". Avec le recul, il nous dit avoir été marqué par les mouvements sociaux contre la loi Travail, et par la révolte des Gilets jaunes. "Même dans une organisation comme Solidaires, où nous étions très attentifs aux jeunes, j'ai perçu lors des Gilets jaunes un décalage entre la société et le monde syndical", poursuit-il.

Il se montre du reste lucide sur l'usure des manifestations syndicale à répétition, "car on ne retrouve plus l'énergie de certains mouvements comme contre la réforme des retraites" où il y avait un brassage de générations : "Un mouvement est populaire quand les gens viennent avec leurs propres pancartes et slogans", glisse-t-il. Et comme nous l'interrogeons sur le regard qu'il porte sur le paysage social et politique actuel, il ne peut s'empêcher de lancer une petite pique contre la CFDT : "Au début du confinement, il aurait fallu qu'il y ait une unité syndicale pour défendre les salariés dans cette situation inédite, et Laurent Berger aurait dû en prendre l'initiative". 

Bernard Domergue
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